ABANDON DE LA LIGUE DES NATIONS ET RETOUR À LA CAN BIENNALE

C’est une actualité toute fraîche : la CAF a annoncé ce vendredi 30 octobre 2026 le retour de la CAN à un cycle de deux ans, après un vote unanime de son comité exécutif la veille. La compétition se jouait traditionnellement tous les deux ans, mais la décision surprise de décembre 2025 de passer à quatre ans, avec la création d’une Ligue des nations en parallèle, n’avait pas été bien accueillie. Voici les raisons qui motivent ce revirement.

L’argent, d’abord

C’est la justification officielle principale : la nouvelle Ligue des nations aurait mis plusieurs années à générer suffisamment de revenus pour soutenir le football africain. Or la CAN est le poumon économique de la CAF : passée à quatre ans, elle aurait mécaniquement réduit la fréquence des recettes liées aux droits TV, aux sponsors et à la billetterie. La CAF estime que la Ligue des nations mettrait des années à générer assez pour soutenir les sélections et les compétitions continentales.

Protéger les intérêts du football africain

C’est la formule de Patrice Motsepe : la décision vise à « faire progresser, à protéger et à promouvoir les intérêts du football africain et des 54 associations membres de la CAF, ainsi que ceux des joueurs africains évoluant dans des clubs en dehors du continent ».Une réforme mal accueillie et peu débattue Annoncée sans véritable débat public préalable avec les fédérations, la réforme quadriennale avait suscité de nombreuses réactions. Plusieurs dirigeants estimaient qu’elle réduirait les opportunités pour les sélections de disputer régulièrement une grande compétition, et le retour au format biennal recueille un large soutien parmi dirigeants et sélectionneurs.

Un calendrier qui perdait en densité

La réforme intervenait alors que la CAF avait aussi annoncé la suppression du CHAN, la compétition réservée aux joueurs des championnats africains. La combinaison des deux décisions renforçait le sentiment d’un calendrier continental appauvri. Le président de la Fédération comorienne, Saïd Ali Athouman, a d’ailleurs qualifié la suppression du CHAN d’erreur.

La dimension culturelle

Motsepe a aussi rappelé que la CAN célèbre l’identité africaine et rassemble les peuples du continent, un rôle qu’un rendez-vous tous les quatre ans affaiblirait.

Conséquence concrète : le projet de Ligue des nations africaine est abandonné, et le calendrier est fixé — 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, puis 2028, 2031 et 2033, sans CAN en 2030, année de Coupe du monde, conformément à la tradition de la CAF. Et si on relançait le CHAN?


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