
Kégué sera en ébullition ce vendredi. Pour les éliminatoires de la CAN Kenya-Ouganda-Tanzanie, tout un peuple s’apprête à renouer avec les grandes soirées continentales. Après plus d’une décennie d’absence de la grande messe africaine, l’attente est immense. Les Togolais veulent vibrer à nouveau, rêver à nouveau et surtout croire à nouveau.
Mais pour cela, il faudra commencer par gagner.
Après les passages de Nibombé Daré, Paulo Duarte et Claude Le Roy, c’est désormais au tour de Patrice Neveu de prendre les commandes du nid des Éperviers. Le nouveau patron de la sélection saura-t-il trouver la bonne formule pour faire planer les espèces ailées jusqu’aux rives de la mer Rouge ?La question mérite d’être posée. Car les derniers rendez-vous n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes. Les résultats des matches amicaux ont toutefois apporté quelques motifs d’espoir. Reste maintenant à transformer ces promesses en points lorsque les choses deviennent sérieuses.
Une victoire pour lancer la reconquête
Dans un groupe relevé, avec des adversaires comme l’Algérie et la Zambie, le Togo sait que chaque point aura son importance. Une victoire à domicile permettrait idéalement de lancer cette campagne et surtout de créer une dynamique autour de la sélection. Mais au-delà du classement, il y a quelque chose de plus important à reconquérir : le cœur du public togolais. Le divorce entre les Éperviers et leur douzième homme n’est jamais totalement consommé, mais la patience a ses limites. Les supporters veulent une équipe qui se bat, qui donne envie de croire et qui porte fièrement le maillot national.
Le COMEX joue aussi son dernier acte
Cette rencontre intervient également dans un contexte particulier pour la gouvernance du football togolais. En fin de mandat, le Comité exécutif arrive au bout de son cycle avec un bilan qui reste sujet à débat. Les polémiques autour de la gestion du football national, les accusations de corruption — qui doivent être distinguées des faits éventuellement établis — et les interminables prolongations de championnats au-delà du rectangle vert ont laissé des traces dans l’opinion sportive. Dans ce contexte, une belle campagne des Éperviers offrirait forcément une bouffée d’oxygène. Mais elle ne saurait, à elle seule, effacer les interrogations qui entourent la gestion du football togolais.
Kégué, douzième homme!
Vendredi, les regards seront donc tournés vers le Stade de Kégué. Sur le terrain, les hommes de Neveu auront la responsabilité de répondre présents. Dans les tribunes, les supporters auront également leur rôle à jouer. Après plus de dix ans d’attente, le peuple togolais ne demande pas seulement des promesses : il veut des émotions, de l’engagement et des résultats. Le coup d’envoi donnera le signal d’une nouvelle tentative de reconquête. Aux Éperviers de prendre leur envol. Au public de pousser. Et au Togo, enfin, de recommencer à rêver de CAN.