
Annoncée comme un tournant majeur pour le football togolais, la Ligue de Football Professionnel du Togo devait insuffler une nouvelle dynamique à notre championnat national. Mais à quelques mois seulement du lancement annoncé de cette nouvelle ère, le constat est déjà préoccupant: le silence règne.
La structure censée porter cette ambitieuse réforme semble malheureusement emprunter le même chemin que son prédécesseur, la structure de pilotage du football professionnel: communication inexistante, absence de visibilité, flou autour des préparatifs… les mêmes maux ressurgissent alors que le football togolais avait justement besoin d’une rupture. Dirigée par l’ancien président de l’Étoile Filante, Me Wilson Bahun Têtê, cette structure transitoire reste étonnamment discrète. Pourtant, à quatre mois supposés du démarrage de la compétition, les acteurs du football national — clubs, supporters, journalistes et partenaires — attendent toujours des signaux concrets: où en sont les infrastructures ? Quels sont les critères de professionnalisation des clubs? Quel accompagnement financier est prévu ? Quel modèle économique?
«Le processus qui nous rassemble aujourd’hui est l’aboutissement d’un travail acharné entamé il y a plusieurs années. Depuis les premières réflexions sur la professionnalisation en 2022, le ministère en charge des Sports et des Loisirs et le Comité Exécutif de la FTF, soutenus par des experts, ont œuvré sans relâche pour redéfinir un cadre juridique, technique et économique viable », a déclaré le président de la FTF, le Colonel Guy Kossi Akpovy, lors de son allocution avant d’ajouter «la Ligue de Football Professionnelle du Togo ne sera pas l’affaire d’un seul homme ou d’un bureau. Elle sera ce que nous ferons collectivement ».
Malgré ce beau discours du president de la FTF, il faut malheureusement noter qu’à ce jour, très peu d’informations circulent officiellement. Le plus inquiétant reste l’absence de proximité avec les médias sportifs. Une réforme aussi importante ne peut réussir dans l’opacité. La communication devrait être permanente pour rassurer, expliquer et mobiliser des partenaires et investissements autour du projet. Au lieu de cela, les dirigeants se murent dans un silence assourdissant qui nourrit les doutes et les inquiétudes. Sur le terrain, rien ou presque ne laisse penser qu’une véritable ligue professionnelle est en préparation. Les infrastructures restent dans un état préoccupant et hormis quelques clubs comme ASCK, tous les autres peinent encore à fonctionner avec des moyens minimaux. La professionnalisation ne peut pas se limiter à un changement d’appellation ou à des annonces administratives. Le football togolais a besoin d’actions visibles, de transparence et d’une vision claire. Le temps presse. Car une ligue professionnelle ne se décrète pas ; elle se construit avec de l’organisation, des investissements, de la communication et surtout une réelle volonté de transformation.
Aujourd’hui, beaucoup commencent déjà à craindre que cette réforme tant attendue ne soit qu’une nouvelle promesse sans lendemain. En tout cas, une sortie médiatique de la structure dirigée par Me Wilson Têtê est vivement attendue.